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La France pousse le Liban à reconnaître Israël : paix durable ou piège pour Jérusalem ?

Illustration : La vallée du Litani et la barrière de sécurité entre Israël et le Liban

Ce week-end, l’Élysée tente un coup diplomatique audacieux : « l'initiative française » pour le Liban. Emmanuel Macron demande à Beyrouth l’inédit : une reconnaissance officielle d’Israël, un engagement à ne plus tolérer d’attaques terroristes depuis son sol, et le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani. Paris propose d’héberger des négociations éclair pour transformer un état de guerre technique hérité de 1948 — lorsque le Liban s'est joint à l'invasion de l'État hébreu naissant lors de la première guerre israélo-arabe, en un pacte de non-agression permanent. Mais derrière les dorures des salons parisiens, la réalité du terrain raconte une toute autre histoire.

Le plan prévoit que l’armée libanaise reprenne le contrôle total du Sud-Litani, une zone tampon vitale pour la sécurité d'Israël. La FINUL (UNIFIL) serait chargée de vérifier le désarmement du Hezbollah, tandis qu'Israël évacuerait les positions stratégiques tenues depuis l'escalade de novembre 2024.

Pourtant, l'histoire appelle à la méfiance. Le Liban, sous mandat français de 1920 à 1946, a souvent été le théâtre de promesses internationales non tenues. Si Beyrouth reprend cette zone où le Hezbollah s'est enraciné depuis 1982, qui garantira vraiment qu’un nouveau tunnel ne sera pas creusé sous les yeux des Casques bleus ? Paris soutient le plan libanais « Bouclier de la Nation » pour un monopole étatique des armes, mais l'armée libanaise a-t-elle la volonté, ou même la capacité, de s'opposer à la milice chiite ?

La Résolution 1701 de l'ONU (août 2006), adoptée pour mettre fin à la deuxième guerre du Liban, exigeait déjà une zone exempte de tout personnel armé autre que l'armée libanaise et la FINUL. Israël a tenu parole en se retirant fin octobre 2006. Mais le bilan du côté libanais est accablant :

  • Le Hezbollah : Son arsenal a été multiplié par 150 (estimé à plus de 150 000 roquettes et missiles), transformant le Sud-Liban en une forteresse souterraine.

  • La FINUL (13 000 casques bleus) : Présente depuis 1978, elle documente les violations mais reste incapable d'intervenir. Pire, elle est parfois accusée de complicité passive, rappelant les critiques récentes visant l'implication de membres de l'UNRWA avec le Hamas à Gaza.

Confier aujourd'hui une zone vitale à une armée libanaise infiltrée et à une force onusienne impuissante est un pari risqué. Le prophète Ésaïe (62:6-7) exhorte les veilleurs : « Sur tes murailles, Jérusalem, j’ai placé des sentinelles ; elles ne se tairont ni jour ni nuit. » La question pour Jérusalem demeure : la FINUL est-elle une sentinelle ou un simple spectateur ?

Le plan Macron promet une reconnaissance mutuelle et une démarcation frontalière finale en 2026. Mais comment croire à la paix quand Paris qualifie les frappes contre les infrastructures iraniennes d'« illégales » tout en ne déplorant que tièdement les agressions quotidiennes du Hezbollah ?

Jérémie (6:14) dénonçait déjà les faux apôtres de la diplomatie : « Ils pansent à la légère la blessure de mon peuple : Paix ! paix ! disent-ils. Et il n'y a point de paix. » Le risque est de voir s'accomplir l'avertissement de 1 Thessaloniciens 5:3 : « Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! alors une ruine soudaine les surprendra. »

Il y a une amère ironie à voir la France flatter un gouvernement libanais sous influence du Hezbollah alors qu'elle lutte sur son propre sol contre un antisémitisme record (environ 450 000 Juifs français vivent dans une insécurité croissante). Vouloir criminaliser l'antisionisme destructeur est une chose ; financer ou légitimer indirectement les alliés de ceux qui prônent la haine d'Israël à Beyrouth en est une autre. Zacharie (12:3) rappelle que Jérusalem est une « pierre pesante pour tous les peuples ; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris. »

S'agit-il d'une paix durable ou d'un cadre diplomatique visant à freiner Jérusalem au profit d’un Hezbollah affaibli mais pas vaincu ? Le monde évangélique observe ces manœuvres avec une vigilance prophétique : il n'y a pas de paix sans vérité, et pas de sécurité sans clarté.

Micaël Carter vit en Israël avec son épouse et leurs trois filles, après avoir fait son alyah depuis la France en 2017. Il dirige Multiply Equip Impact, est impliqué dans le ministère et travaille dans les médias, tout en écrivant sur Israël, la foi et la région.

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